Depuis le 2 décembre, GRDF et l’entreprise locale WETP travaillent au raccordement du réseau de gaz à l’unité de méthanisation de la ferme Harlé. Le chantier est entré dans sa phase finale avec la pose d’une canalisation innovante et garantie bas carbone. Les travaux de l’unité de méthanisation vont bon train sur la ferme de Kévin Harlé, rue de Hilbesheim, sur les hauteurs de Réding. D’ici quelque temps, le site produira suffisamment de biogaz pour alimenter l’équivalent de 1 600 logements neufs. L’ensemble de la commune rédingeoise carburera au gaz vert. Sarrebourg, Buhl-Lorraine et Niderviller en profiteront également. Pour cela, il faut que l’unité de méthanisation soit raccordée au réseau. C’est ce à quoi s’attellent les équipes de GRDF et de l’entreprise WETP depuis le 2 décembre. Leurs engins ont creusé une tranchée d’1,5 km de long sur un terrain privé pour relier la ferme à la route départementale 104 E où se trouve le point de raccordement. Des travaux pensés à chaque étape pour avoir la plus faible empreinte carbone possible. Tout d’abord, quitte à creuser, autant ne le faire qu’une fois. Ce chantier a été programmé en concertation avec la communauté de communes Sarrebourg Moselle sud qui s’en servira pour son réseau d’eau. Mais surtout, ce sont les matériaux innovants déployés ici pour la première fois au pays de Sarrebourg qui font la différence.
Six allers-retours Paris-New York économisés
Plutôt qu’une canalisation en polyéthylène classique, GRDF, dans le cadre de sa politique de diminution de 50 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, a opté pour une canalisation en polyéthylène pré-enrubannée en usine. Pour faire simple, la conduite est entourée d’une gaine géotextile ultra-résistante, qui sert de protection et permet de la dérouler à même la tranchée. « Nous utilisons ces canalisations pré-enrubannées depuis environ deux ans, explique Sophie Wahl, conseillère collectivités territoriales Moselle pour GRDF. Nous avons donc un peu de recul et c’est très efficace. » Cela n’a l’air de rien, mais cette technique permet de se passer de tapis de sable, jusqu’ici ajouté pour protéger les canalisations. C’est donc moins de matériaux et moins de rotations de camions pour les transporter. Rien que pour cette portion d’1,5 km, ce sont 350 tonnes de sables et gravats évités, et l’équivalent en émission carbone de six allers-retours Paris-New York en avion d’économisé, soit douze tonnes de CO2. Sans perdre en performance, bien au contraire, et avec une sécurité accrue du réseau puisque ces conduites enrubannées sont équipées d’un fil traceur pour leur géoréférencement. Il n’aura fallu qu’une demi-journée aux spécialistes pour dérouler ces gros tuyaux jaunes de 16 cm de diamètre depuis la D 104 E jusqu’au méthaniseur , mais les manœuvres se poursuivront pendant quelques jours encore, le temps de reboucher la tranchée avec les déblais produits sur place.


